Un territoire, une réalité

Changement de regard sur un territoire périurbain

Le territoire de l’Essonne est constitué de pleins et de vides, de zones bâties et d’espaces agricoles. L’ensemble, morcelé par des infrastructures, compose un paysage difficilement lisible donc peu valorisé. Or, ce territoire recèle des richesses et des caractéristiques qui lui sont propres, et demande à être parcouru et reconnu. [1]

L’Essonne est présentée dans l’imaginaire collectif départemental comme fortement urbanisée au nord, rurale au sud. La réalité est plus complexe :

  • des villages ruraux au nord sont encastrés dans la nappe pavillonnaire ;
  • des communes plus urbaines au sud se sont développées sans cohérence avec le territoire dans lequel elles s’inscrivent.


Entre ces pièces urbaines, des résurgences du territoire font apparaître un univers poétique, une géographie oubliée.

Ces espaces d’entre‑deux constituent des respirations en milieu urbain ou des espaces ouverts dans une urbanisation plus lâche. Ils sont trop facilement considérés comme de la terre à bâtir. Quand l’espace urbain devient la somme d’opportunités foncières, corrélée à un déficit de projet urbain, on aboutit à une perte de sens et de qualité de l’espace public. En découlent une perte de repère géographique et une indifférence quant au territoire.

Changement de regard sur un territoire périurbain

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Or ce territoire peut donner sens au projet urbain, en retrouvant des lignes de forces et des dynamiques cohérentes.
D’ailleurs, la richesse et la diversité des espaces ouverts

a fait émerger de nouvelles problématiques dont le département s’est saisi.

Ces espaces intermédiaires, véritables lieux d’articulation entre les poches d’urbanisation, peuvent être porteurs de projets et d’usages

. Le projet de territoire peut alors s’élaborer à partir de la mise en cohérence des espaces bâtis et des espaces ouverts.

La valeur des espaces ouverts, leur complémentarité avec l’espace bâti forme une armature paysagère

. Cette approche est indispensable :

  • pour lutter contre une urbanisation consommatrice d’espace liée à une accumulation de fonctions - habiter/travailler/consommer ‑ productrices de déplacements et de CO2 ;
  • pour se tourner vers un aménagement durable du territoire.


Pour répondre à la question omniprésente en région parisienne ‑ où et comment construire ‑ il est nécessaire d’accompagner les préconisations sur l’intensification urbaine par une réflexion sur la hiérarchisation et la mise en réseau des espaces ouverts et autres espaces non bâtis. La constitution d’une armature est nécessaire pour développer une logique territoriale et sortir des approches fragmentées, qui contribuent à la vulnérabilité de ces espaces. Il est important d’identifier les maillons indispensables à cette armature et les projets existants, et d’évaluer leur degré de résistance par rapports aux pressions qu’ils subissent (pressions urbaines, infrastructures). La notion d’armature implique donc la notion de projet.

Pour maintenir les espaces ouverts, nécessaires à l’équilibre des territoires, le projet sur l’espace urbain est insuffisant, le projet sur l’espace ouvert

est indispensable. Or les espaces ouverts sont tenus par l’agriculture. C’est à travers cette constatation que le CAUE est engagé, à travers des projets agri‑urbains essonniens

, sur des territoires à enjeux : le projet du Triangle vert des villes maraîchères du Hurepoix ou ceux de l’association pour le plateau agricole du centre Essonne. Ces projets impliquent un changement de regard, des habitants des communes sur le territoire agricole, et des agriculteurs envers les urbains.

C’est dans cette optique que nous accompagnons les communes dans l’élaboration de leur documents d’urbanisme, posant la question du projet sur l’espace agricole

. Pour certaines communes, l’agriculture offre un cadre de vie reconnu, elle permet une mise à distance de l’urbanisation. Mais c’est aussi l’opportunité de réfléchir à la mise en place d’un système « vertueux » et durable, d’une alternative au fonctionnement périurbain, d’un projet partagé par l’ensemble des habitants, en terme d’usage, mais aussi de réflexions économiques ouvrant de nouvelles pratiques urbaines et agricoles.

[1Extrait de l’ouvrage "Agricultures et paysages"

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